OM Olympique de Marseille

OM - PSG - OM histoire d'un Clasico


PSG 1973/1974, renaissance du Club Parisien avec deux Marseillais, Jean-Louis Leonetti et Jean-Pierre Dogliani
OM - PSG - OM - PSG - OM , c'est toute une histoire!

OMPSG, PSGOM, ce sigle de 5 lettres a toujours engendré les passions.
La rivalité historique des deux villes s’appuie sur une réalité incontournable, Paris est la capitale.

Comme le dit l’écrivain et historien Pierre Echinard:
"Pendant 25 siècles, Marseille n’a eu besoin de personne. Elle avait de l’argent grâce à son commerce maritime et se comportait comme une petite république italienne. Depuis cinquante ans, elle est obligée de se sentir vraiment dépendante d’un pouvoir central ... Et ça, ça ne passe pas".

Et quand César demande à Monsieur Brun qui revient de Paris:
"Vous n'avez pas vu Landolfi?".
C'est une manière de transformer Paris en quartier de Marseille où tout le monde se connait.
Bon, mais malgré tout, on ne va pas en faire un fromage, surtout quand il s'agit de football..
Au delà des passions, revenons un peu sur l’histoire de ces Paris Marseille.

N'oublions pas que deux Marseillais furent à l’origine de la montée en Première Division des Parisiens.
On va avoir l’occasion d'y revenir.De plus, il faut savoir que si l’OM fut créé en 1899, (121 ans déjà), le PSG n’existe que depuis 1970 et que d’autres rivaux de la capitale (Racing, Club Français, Stade Français, Red Star...) furent opposés aux Olympiens dans l’ancien Parc des Princes, à Saint-Ouen, à Colombes et même à Buffalo.
On vit même une finale de Coupe de France entre l'OM et le Racing le 5 Mai 1940, remportée par les Parisiens, une semaine avant l'invasion de la France par l'Allemagne.
Comme quoi, il faut toujours relativiser, on trouve toujours plus grave que quelques incidents.
En 1970, le Paris Football Club fut créé à l’initiative de la Ligue qui voulait un club pour le futur Parc des Princes qui va voir le jour en 1972.
En effet, le Racing et le Stade Français ont disparu du professionnalisme et le Red Star est trop marqué comme club de la banlieue rouge.
Mais ce club artificiel doit fusionner avec Saint Germain qui joue en CFA (et que l’OM a éliminé en Coupe en 1969) pour récupérer la structure amateur et les équipes de jeunes.
Le protocole de fusion est signé le 10 juin 1970.

Immédiatement, le club monte en D1 avec Jean Djorkaeff comme capitaine, lui qui vient juste de quitter l'OM.
Mais suite à des pressions de la mairie de Paris qui refuse de subventionner un « club banlieusard », le club est scindé en deux en mai 1972. La section professionnelle passe sous les couleurs (orange) du Paris FC et reste en D1, tandis que les amateurs du PSG sont relégués en CFA.
Le mariage avec le PFC aura tenu moins de deux ans. Mais surprise, le PFC redescend en 1974, l’année où le PSG qui a été repris par Daniel Hechter (qui vient juste de sortir un livre racontant son aventure Parisienne) remonte en Première Division. Le hasard du destin. Le PSG est donc le seul club a être monté deux fois en Première Division sans jamais être redescendu.
On pourrait dire deux naissances et pas d'enterrement.

Daniel Hechter:
"Pour moi, la date de création du PSG se situe en 1973 plutôt qu'en 1970
Quand j'ai repris le club, le PSG n'existait plus. C'était devenu un petit club amateur et on a dû redemander le statut pro. Les gens du Paris FC se sont servis du FC Saint-germanois pour accéder à la D1. Et au moment où ils y sont parvenus, ils ont supprimé Saint-Germain pour garder le Paris FC.
Moi, je me suis engagé auprès du maire de Saint-Germain-en-Laye pour que le nom du club ne change pas.
Quelques jours après l'accord avec Henri Patrelle, le PSG affrontait Poissy en finale de la Coupe de Paris et j'ai fait la connaissance de lust Fontaine grâce à Jacky Bloch qui travaillait chez moi comme directeur des sports.
On a vu ensemble la finale et ça a collé immédiatement entre nous.
La première année. Just occupait le poste de directeur technique mais c'est lui qui manageait l'équipe. C'était un fantastique technicien.
"
Just Fontaine avec Robert Vicot, les coaches de la montée en 1974
La deuxième montée se fait avec une équipe entraînée par Just Fontaine et qui joue un football spectaculaire avec deux authentiques Marseillais formés à l’OM, le regretté Jean-Louis Leonetti et Jean-Pierre Dogliani. (ci-contre)

Et c’est ce dernier qui trompe Jean-Paul Escale, alors gardien de Valenciennes, sur un but controversé lors du barrage pour la montée.

Le PSG est vraiment né sous le signe d'anciens Olympiens avec une engueulade à la Pagnol entre les Jean(s) du Sud, Jean-Paul, Jean-Louis et Jean-Pierre sur la validité du but.

Justo prépare Jean-Pierre
Johan Cruyff joue avec le PSG et Dogliani lors d'un tournoi de Paris Dogliani et le PSG jouent sur le stade de Saint-Germain lors de la saison 73/74

PSG - OM Championnat 1974/1975 les Brésiliens assurent le spectacle
L'année suivante, l'OM de Paulo Cesar et Jairzinho joue un quart de finale retour au Parc après un nul 2 à 2 au Vélodrome.
Incidents, défaite 2 à 0, Jair est suspendu alors qu'il n'est pas forcément le coupable.
Une rivalité va naître.

Durant la fin des années 70, Hervé Flores va marquer 5 buts durant les confrontations OM PSG de 1976 à 1978, et il en restera pour le moment le buteur marseillais le plus prolifique.
Les vicissitudes du professionnalisme vont ensuite plonger l'OM vers la D2 dont l'extirperont les minots qui, avec un OM en pleine reconstruction, bousculent en 1/8eme de finale le PSG de Luis Fernandez qui va remporter sa première Coupe de France en 1982 .
Au PSG jouait le regretté Michel N’Gom qui avait été formé à l’OM.
C'est de 1989 à 1994 que les PSG OM méritèrent le titre de rencontres au sommet car la première place fut souvent en jeu.

On se souvient de 1989 avec le missile de Franck Sauzée qui crucifia Joël Bats à la dernière minute pour le titre marseillais (ci-contre).
Où du 29 Mai 1993 quand Basile remit ça 3 jours après la nuit de Munich dans un but collector à se repasser pour se remonter le moral, les soirs de déprime,quand il y en a.
Où quand l'OM de Tapie tira sa révérence en 1994 au Parc des Princes par un match nul avant la descente (administrative) aux enfers.

Il faut dire que Canal Plus en voulant créer l'évènement avait racheté le PSG pour essayer de relancer le championnat, trop dominé par l’OM de Bernard Tapie.

Et là, il y eut souvent des étincelles.
On se rappelle la célèbre phrase de Artur Jorge en Décembre 1992.
"On va leur rentrer dedans
".
Raymond Goethals reprit avec son accent inimitable.
"Oui pourquoi pas, mais va falloir qu’il se tape Desailly, Casoni, Boli et Di Meco réunis, c'est pas une mince affaire.".
Il avait pas tort, le Belge, David Ginola s'en souvient encore.
A cette époque là, les rencontres étaient un peu musclées, "mais malgré tout, c'est toujours resté dans la limite de l'acceptable" comme aime à le préciser Eric Di Méco sur les antennes de RMC..
Basile Boli, revient sur les matchs entre l'OM et le PSG qu'il a joués à son époque, dans les années 90.
L'ex-joueur olympien insiste sur l'engagement qui était de mise dans ce genre de rencontre, comme lors du match au Parc, en décembre 92 :
"On les avait bougés, ils s’étaient chiés dessus (sic).
Avant la rencontre, quand on était sur la pelouse, Ginola m’avait dit: "Baze, il paraît que tu as un contrat sur moi ?"
Je lui avais répondu: "Tu vois, tu viens de le signer ce contrat, en bonne et due forme..
." (Il éclate de rire).
Celui qui avoue qu'il n'aurait jamais pu porter le maillot du PSG, évoque une anecdote dont il était coutumier, avant chaque match face à Paris :
"Je portais des crampons, des 18, les autres disaient:
"Non, Basile ne les mets pas, sinon l’arbitre va te dire de les changer !"
Je passais derrière pour qu’il ne voie pas. C’est Carlos Mozer qui m’a montré.
Il aimait bien. Si je vous touche avec ça...
(Il se marre)".
On se souvient même qu'en 1993, l'OM déchu de son titre, ne put jouer la Champion's League.
Le PSG, deuxième, refusa de la jouer, pour ne pas amplifier l'antagonisme, et c'est Monaco qui hérita de la place.
Depuis, les rencontres entre les deux équipes ont été baptisées "clasico", à la manière des Real-Barcelone, Inter-Milan AC, ou River Plate-Boca-Junior.
Mais plus jamais dans une lutte pour le titre, sauf en 2015 jusqu'à 8 matches de la fin.
La défaite au Vélodrome 3 à 2 tua les dernières espérance des hommes de Marcelo Bielsa.

OM - PSG, PSG - OM, en terme de budget, y a pas photo, mais sur le terrain...on peut toujours rêver!